Les 3 romans indispensables aux auteurs

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Si vous demandez à dix écrivains de vous recommander trois romans, il y a une forte probabilité que vous obteniez dix réponses différentes. Il y a aussi de fortes chances qu’ils parviennent à glisser l’un de leurs écrits dans cette courte liste. Je ne suis pas à l’académie française, je ne suis jamais passé chez Pivot, mais je vous livre tout de même mon avis en la matière.

Il y a trois romans indispensables à tout auteur. Pour remplir le reste de votre bibliothèque, vous avez carte blanche. Vous êtes créatif(-ve), vous avez du goût, je vous fais confiance.

  • Le livre que vous auriez pu écrire. Peut-être le moins important de ces trois ouvrages. Il vous plaît, vous ressemble. Ce n’est peut-être pas un monument de la littérature pondu par un Immortel en costume, mais son langage rejoint celui que vous utilisez, et son succès correspond à celui que vous vous sentez apte à atteindre.
  • Le livre que vous ne parviendrez jamais à égaler. La référence en matière de ce qu’il se fait de mieux. Le langage efficace qui vous bouleverse lecture après lecture. L’oeuvre qui vous a transformé(e). Vous ne jouez pas dans la même catégorie que son auteur, qui ne jouait pas, d’ailleurs, lui. Bien en évidence dans votre bibliothèque, il vous apportera la dose d’humilité nécessaire à votre carrière et vous rappellera de ne pas vous prendre la tête. Lui et les lettres de refus des éditeurs, bien entendu.
  • Le livre que vous auriez refusé en tant qu’éditeur. Au besoin, ne gardez que celui-là. Je ne parle pas du livre bien écrit qui ne correspond pas à vos centres d’intérêt, hein, mais du torchon qui à vos yeux ne vaut pas le prix du papier sur lequel il est imprimé, celui qui sert à caler l’armoire bancale du grenier, le livre qu’on pose avec dégoût en se demandant « Mais comment peut-on vendre une merde pareille? Je suis capable d’écrire bien mieux ». Plus cet ouvrage aura eu du succès, plus il sera efficace. Il vous re-motivera quand les lettres de refus s’accumuleront ou quand vous vous rendrez compte après l’envoi d’un manuscrit que vous avez oublié de retirer un terrible cliché dans votre premier chapitre. Je ne vais pas balancer de noms, mais les supermarchés regorgent de livres d’une banalité infecte. Terminer sa lecture sur « c’est alors que je me suis réveillé, ouf tout cela n’était qu’un vilain cauchemar » ou son équivalent, c’est douloureux. Apprendre que ledit ouvrage s’est vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, c’est encourageant. Découvrir que les deux survivants d’une épopée à travers l’espace échouent après mille clichés sur une planète déserte et changent leurs noms en « Adam » et « Eve », ça vous rassure. Vous ferez mieux.