HG2:L’embrasement m’a laissé froid.

Hunger Games 2 sur Amazon

Je vais rester vague dans ma critique, pour ne pas spoiler ceux et celles qui n’ont pas encore lu le deuxième opus des Hunger Games. J’avais beaucoup aimé le premier tome de la série, mais celui-ci m’a paru moins abouti, moins prenant. La première partie traîne en longueur, tourne en rond.  J’ai eu la désagréable impression que l’auteur (Suzanne Collins) ne savait pas vraiment quelle direction allait prendre le récit. Elle propose plusieurs pistes possibles qu’elle s’empresse d’abandonner aussitôt. C’est assez frustrant.

Au romantisme mou de la première partie succède l’action de la seconde. C’est malheureusement du déjà vu pour la plupart. Katniss, l’héroïne, se fait finalement berner, et le lecteur avec. J’aurais apprécié recevoir plus d’indices.

Katniss m’a paru moins attachante. Prompte à donner la mort malgré des réflexions quasi pacifistes, soumise malgré des rêves de rébellion, ses actions contredisent quelque peu ses actions. L’univers de Panem a perdu de sa consistance, ses habitants aussi. Peut-être est-ce là l’effet de la faim; ils ont maigri, mais mon intérêt à lui aussi pâti de ce régime insipide.

Je vais acheter le dernier volet, principalement pour ma fille, mais aussi parce que j’entretiens encore l’espoir que les faiblesses décelées ne soient que passagères. Affaire à suivre, donc.

Ajout tardif: Mince, le tome 3 n’a pas été édité en version électronique.

Concurrents ou confrères?

 

On me signale, à ma grande surprise, qu’Amazon interdit à ses écrivains de commenter (en bien ou en mal) les oeuvres d’autres auteurs. Tout du moins selon une interprétation particulière des conditions affichées sur cette page. Je cite le passage sujet à interprétation: « Avis exprimés par ou au nom d’une personne ou d’une société ayant des intérêts financiers dans le produit ou dans un produit concurrent direct (y compris les commentaires d’auteurs, d’artistes, d’éditeurs, de fabricants ou d’intermédiaires marchands) ».

Les auteurs sont-ils des concurrents au même titre que deux marques de voiture ou de soda? Habitué à un soda, je ne boirai pas l’autre. Fidèle à une marque d’automobiles américaines, je ne verrai jamais l’utilité de mettre les pieds dans le garage d’un concessionnaire allemand. Mais vous me parlez de livres? Mon amour pour Vian ne m’empêche pas d’acheter, lire et apprécier Gide, Asimov, King et Nothomb. Je conçois qu’il y ait de la concurrence pour les manuels pratiques, guides minceur ou autres ouvrages hors fiction, mais au sein de la littérature?

Nous autres écrivains lisons beaucoup. Nous écrivons, aussi (étonnant, hein?). Nous connaissons et aimons notre langue. Ne sommes-nous pas les mieux placés pour juger du travail d’un collègue? Amazon nous voit-il vraiment comme des loup enragés se battant l’un contre l’autre?

Quand un collègue publie un livre, ma première réaction est la curiosité. Je me positionne en client, décide si je vais le lire. Si le livre ne m’intéresse pas en tant que lecteur, la parution peut alors m’intéresser en tant qu’auteur. Si je connais l’auteur, je vais me réjouir pour lui. Si je ne le connais pas, je vais peut-être chercher qui dans mes amis pourrait être intéressé par son livre, ou peut-être tirer des leçons de sa manière de présenter son bébé. Mais à aucun moment je ne vais trembler et craindre qu’il ne m’ôte quelques ventes. Et quand un confrère me critique, quitte à perdre une précieuse étoile, autant que cela vienne de quelqu’un qui s’y connait un tant soit peu plutôt que d’un anonyme profane.

Amazon aurait-il peur qu’en critiquant un livre, je sois le méchant concurrent qui cherche à détourner le client du produit? Je m’abstiendrai désormais de critiquer mes confrères sur les plateformes de vente Amazon. Je laisse l’endroit aux doubles comptes, aux magouilleurs, aux achetés, aux vendus. Je critiquerai mes lectures ici et je me renseignerai sur les livres qui m’intéressent grâce aux blogs des collègues.

Et vous, comment voyez-vous les autres écrivains?