Questions récentes

Plusieurs lecteurs m’ayant posé des questions similaires ces derniers temps, j’ai cru bon d’y répondre publiquement (je hais les copier/coller privés).

Vos histoires sont souvent cruelles envers les femmes. N’êtes-vous pas un peu misogyne ?

Pas du tout. Il ne doit y avoir sur terre que deux femmes (liées entre elles par le sang) pour lesquelles je n’ai plus beaucoup de respect. La médiocrité de ces deux spécimens m’a poussé à reconsidérer le regard que je portais sur l’ensemble, bien entendu, mais le reste de la gent féminine en ressort embellie: il faut connaître la petitesse pour apprécier la grandeur.

Des événements personnels de ces deux dernières années m’ont ouvert les yeux. Celles que je trouvais autrefois méprisables me paraissent maintenant plutôt normales et je les accepte, avec leurs défauts.

L’écriture me permet d’évacuer certaines émotions, dont la colère. On m’a utilisé et trahi, et la douleur ne doit pas rester à l’intérieur. Je la dirige contre certains personnages fictifs, et ça contribue au maintien de relations paisibles dans ma vie de tous les jours.

Sous quels autres noms écrivez-vous ? J’aimerais lire vos autres livres.

Je ne tiens pas à divulguer ces autres noms, pour diverses raisons, la principale étant la volonté de protéger mes enfants, car certains de ces écrits sont destinés aux adultes et pourraient leur porter préjudice s’ils tombaient sous les yeux de certains camarades ou parents bien-pensants.

Vos personnages sont-ils inspirés de personnes réelles ?

Mon vécu influence forcément mon imagination, mais je n’ai pas l’impression de placer de véritables personnes dans mes fictions publiées sous ce nom. Je préfère habituellement les créations originales aux pâles copies.

Qu’écrivez-vous en ce moment ?

J’avance simultanément (toutes identités confondues) un roman, plusieurs nouvelles et deux longues pièces de théâtre.

Anges Caducs

couverturebleue « Anges Caducs », recueil de 8 de mes nouvelles récentes, vient de paraître sur Amazon au format électronique uniquement pour à peine plus d’un euro. Celles et ceux qui épluchent ce blog en connaîtront déjà quelques-unes mais auront le bonheur d’en découvrir quelques unes d’inédites.

Au sommaire de cet ouvrage souvent cynique:

‣ « Feu les femmes » relate les interrogations d’un enfant du futur, dans un monde d’où les femmes ont disparu depuis des millénaires. Qui étaient ces créatures de légende: monstres ou anges délicieux?

‣ Dans « Galets magiques« , un instituteur et un agriculteur découvrent d’étranges objets d’origine extraterrestre. Parviendront-ils à établir le contact avec ces visiteurs célestes sans commettre d’impair?

‣ Dans « Graine de curieux », un ex-employé d’une entreprise de limonade tente de voler la recette de la plus célèbre boisson de son ancien patron. Percera-t-il tous les secrets de la firme malgré sa haute sécurité?

‣ Dans « Leçon d’ange« , un ange rendu visible par une trop grande consommation d’alcool rend visite à un artiste et à son épouse. Ressuscitera-t-il l’amour dans ce couple bancal?

‣ « Le rire est une larme dangereuse » livre les déboires d’un homme maudit par une sorcière. Prendra-t-il le dessus sur un destin tragi-comique?

‣ Dans « L’Éveil de la Chair« , un noble sacrifie son héritage pour se construire une compagne robotique. Parviendra-t-il à la rendre suffisamment humaine à son goût?

‣ Dans « La Prophétesse », une femme prédit l’avenir sans jamais se tromper. Quand elle annonce la fin du monde, qui oserait douter d’elle?

‣ « Expatriés Sidéraux » raconte les efforts d’un père pour emmener sa fille vers un monde meilleur, loin de la corruption de la société. Réussira-t-il à la protéger malgré l’environnement hostile?

Feu les femmes

illustration de ma nouvelle Feu les Femmes, science-fiction un brin misogyne

Licence: CC BY-NC-ND, F. A. Wisard

Voici un extrait d’une de mes dernières nouvelles. Le texte intégral en sera publié dans un recueil à paraître prochainement sous forme électronique uniquement, n’en déplaise au Collectif des 451.

Rassa-751 essuya le dernier carreau du dôme géodésique et contempla le ciel étoilé. Autour de l’un de ces nombreux astres, par là-bas au fond près de la constellation du Regret, sauf erreur, gravitait la Terre, berceau de l’humanité. Il ne s’y était jamais rendu, au grand désarroi de sa famille qui considérait ce pèlerinage comme une étape essentielle de la vie d’un homme. Rassa-751 estimait lui que les traditions ne valaient pas qu’il leur sacrifie quatre ans de sa vie. Passer tout ce temps congelé pour aller se balader quelques jours au milieu de vieilles ruines n’avait pour lui aucun attrait. Des vestiges du passé, il y en avait aussi sur Kepplera, même s’ils n’avaient pas plus de douze mille ans, eux. Libre aux autres de renoncer à dix pour-cent de leur espérance de vie, lui tenait à profiter de chaque instant.

— Papax ! cria son garçonnet en lui sautant dans les bras. Papay m’a dit que tu nettoyais la coupole.

Son fils, un petit blondinet joufflu nommé Temi-24, venait d’avoir six ans et remplissait de fierté ses deux pères. Il absorbait les programmes du casque d’enseignement sans jamais broncher et avait obtenu d’excellents résultats aux examens : cinquième, sur les deux cent vingt-sept élèves de son âge que comptait la planète. Studieux, il savait également s’amuser et rêver.

— Et pourquoi donc me cherchais-tu, fiston ? demanda Rassa-751 en ébouriffant la chevelure dorée de son enfant.

— Je voulais encore entendre des légendes de quand les hommes habitaient tous ensemble et se battaient contre les monstres et les maladies.

Rassa-751 posa son chiffon et s’assit sur le gazon synthétique. Temi-24 vint se poser sur les jambes entrecroisées de son père et le fixa de ses grands yeux bleus, attendant sagement qu’il commence son récit.

— Voyons, je me rappelle t’avoir parlé des géants, de la peste et des dragons, mais t’ai-je déjà raconté l’histoire de ces êtres fabuleux qui auraient vécu parmi nous avant que nous ne colonisions l’univers ?

— Les vampires ? demanda le bambin en retroussant ses lèvres sur ses canines arrondies.

— Non, je parle d’une créature plus inquiétante encore, plus cruelle : la femme.