Questions récentes

Plusieurs lecteurs m’ayant posé des questions similaires ces derniers temps, j’ai cru bon d’y répondre publiquement (je hais les copier/coller privés).

Vos histoires sont souvent cruelles envers les femmes. N’êtes-vous pas un peu misogyne ?

Pas du tout. Il ne doit y avoir sur terre que deux femmes (liées entre elles par le sang) pour lesquelles je n’ai plus beaucoup de respect. La médiocrité de ces deux spécimens m’a poussé à reconsidérer le regard que je portais sur l’ensemble, bien entendu, mais le reste de la gent féminine en ressort embellie: il faut connaître la petitesse pour apprécier la grandeur.

Des événements personnels de ces deux dernières années m’ont ouvert les yeux. Celles que je trouvais autrefois méprisables me paraissent maintenant plutôt normales et je les accepte, avec leurs défauts.

L’écriture me permet d’évacuer certaines émotions, dont la colère. On m’a utilisé et trahi, et la douleur ne doit pas rester à l’intérieur. Je la dirige contre certains personnages fictifs, et ça contribue au maintien de relations paisibles dans ma vie de tous les jours.

Sous quels autres noms écrivez-vous ? J’aimerais lire vos autres livres.

Je ne tiens pas à divulguer ces autres noms, pour diverses raisons, la principale étant la volonté de protéger mes enfants, car certains de ces écrits sont destinés aux adultes et pourraient leur porter préjudice s’ils tombaient sous les yeux de certains camarades ou parents bien-pensants.

Vos personnages sont-ils inspirés de personnes réelles ?

Mon vécu influence forcément mon imagination, mais je n’ai pas l’impression de placer de véritables personnes dans mes fictions publiées sous ce nom. Je préfère habituellement les créations originales aux pâles copies.

Qu’écrivez-vous en ce moment ?

J’avance simultanément (toutes identités confondues) un roman, plusieurs nouvelles et deux longues pièces de théâtre.

Interview d’une héroïne

Bonjour Nadisha, peux-tu te présenter en quelques mots?

Je m’appelle Nadisha, et je joue dans « Promotion borgne » le premier rôle féminin: Marie-Claire, une fille un peu snob qui tente de manipuler son homme et ceux qu’elle rencontre.

C’est un prénom original…

Ma mère ne parvenait pas à se décider. Elle hésitait entre Nadia et Natasha. Mon père, un type très pragmatique, a tranché. Dans une première version du manuscrit, je portais mon vrai prénom, mais les bêta-lecteurs n’ont pas accroché. Il a fallut trouver quelquechose qui collait plus au rôle.

Peux-tu résumer l’intrigue en quelques mots?

C’est avant tout une histoire d’amour compliquée entre des personnages maltraités par leur passé. La Catastrophe transforme leur vie, et ils doivent apprendre à gérer les conflits qui en découlent, et saisir les opportunités qui se présentent afin d’avancer. Je vois que tu as classé le roman dans la science-fiction, mais pour ma part je trouve ça très réducteur. C’est un roman contemporain, plein d’action et de relations complexes. Ce n’est ni futuriste ni très scientifique, en tout cas.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans cette expérience?

Incarner un personnage qui perd la vue a été une aventure unique. Il a fallu se concentrer sur les sens restants. Ne pas voir le jeu de vos compagnons m’a frustrée, mais j’ai l’impression que mon propre jeu y a gagné en intensité.

Tu commences l’histoire au bras de Nicolas, le protagoniste du roman, mais peu à peu tu te rapproches de Perrique, son principal antagoniste.Comment as-tu vécu ce triangle amoureux?

J’ai particulièrement apprécié les scènes avec Perrique, dont mon personnage tombe plus ou moins amoureuse. Il joue un type odieux, cruel, prêt à tout pour parvenir à ses fins, mais il a aussi un côté très attachant. Je ne suis pas d’accord avec toi quand tu l’appelles l’antagoniste. Je crois qu’il avance le récit autant que Nicolas, mais d’une manière différente. Perrique n’est pas un égoïste, il a juste une autre vision de ce que doit être l’avenir de l’humanité.

Parmi les personnages secondaires, avec qui as-tu eu le plus de plaisir à jouer?

Ouhla, dure question. Jean-Marc, le boucher sans scrupules, peut-être, parce que j’ai un faible pour les brutes. Ou Sophie la cruche. Elle a des répliques tordantes.

Vous avez traversé la Suisse et la moitié de la France, dans l’histoire. Comment as-tu vécu ce voyage?

Nous n’avons pas toujours eu le temps de profiter du paysage, mais j’ai apprécié le changement de climat. Le sud de la France est quand même plus agréable que nos montagnes, à ce niveau-là. Sinon, ça n’a pas toujours été facile de vivre loin du confort moderne, mais j’ai trouvé très enrichissant de reconstruire ce que nous pouvions, avec nos moyens limités.

En conclusion: si tu pouvais parler personnellement à chaque lecteur, que lui dirais-tu?

Je lui demanderais de ne pas me tenir rigueur des vacheries dont je me rends coupable dans « Promotion borgne« . J’espère qu’il passera autant de plaisir à nous lire que nous en avons eu à participer à cette aventure.